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Pour diverses raisons, la France présente un taux d’emploi des plus des 50 ans des plus faibles des pays de l’OCDE. Un constat qui reste encore valable au niveau européen, où la France enregistre déjà un taux d’emploi des plus 50 ans inférieur à la moyenne de la zone euro. Ce taux d’emploi des seniors est de 58% pour les hommes de 50 à 64 ans et de 47% pour les femmes.
Rappelons que les dispositifs de préretraite ont constitué un mouvement qui a favorisé les sorties précoces du marché du travail, en dépit de l’allongement de la durée de carrière requise pour obtenir une retraite à taux plein.
Outre son caractère structurel lié à l’évolution de la pyramide des âges, cette situation de faible emploi des seniors est surtout liée à la faible probabilité de replacement des seniors suite à une perte d’emploi et ce, relativement aux autres personnes actives de moins de 50 ans. Une perte d’emploi plutôt animée par des licenciements individuels ou collectifs ou encore pour raison de fin de contrat. Selon l’ANPE, un senior a une chance inférieure à 3% de retrouver un emploi le mois suivant. Pourtant, ce ne sont pas les offres d’emplois qui manquent sur le marché.
Face à ces offres d’emplois standards, les seniors subissent plutôt certaines difficultés spécifiques liées à leurs âges, au manque de qualification par rapport aux nouveaux métiers notamment pour les salariés dans l’industrie, mais surtout au niveau élevé des salaires demandés et liés à une meilleure productivité des quinquagénaires. Ces difficultés spécifiques expliquent en partie le fait que près de 400.000 chômeurs de plus de 55 ans sont, à leur demande, dispensés de recherche d’emploi.
Toutefois, les seniors ne manquent pas d’atouts pour séduire les employeurs. Des atouts tels que l’expérience, du savoir-faire et conséquemment une meilleure productivité. Cependant, ces atouts trouvent seulement un écho dans des domaines d’activités comme l’éducation, la santé et l’action sociale, l’hôtellerie, l’industrie alimentaire et l’activité de transport, alors que d’autres secteurs comme le commerce, la restauration et les activités financières présentent des taux d’emploi des seniors inférieurs à la moyenne nationale.
Face à ces caractéristiques du marché du travail des seniors, une démarche structurée visant à palier aux disparités des offres d’emplois au niveau des régions mais aussi par secteur et par métier s’impose. Par ailleurs, les seniors doivent voir aussi au-delà des frontières, là où leur expérience et leur savoir-faire constituent les piliers des offres d’emplois à l’étranger.
Passer ce cap du premier niveau de recherche d’emploi, les seniors auront aussi à faire des arbitrages entres différents types d’horaires et de contrat dont une bonne partie bénéficie d’aides de l’Etat. En ce sens et outre le CDD senior, destiné aux plus de 57 ans, d’autres formules complètent les efforts déployés pour rattraper le retard de la France en la matière. À commencer par la généralisation pour les cadres du programme expérimental « Etap’carrière », 20 000 contrats initiative emploi (CIE) pour les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, et la pratique du tutorat dans l’entreprise sera en ce sens favorisée : le salarié volontaire pourra être rémunéré pour cette activité sans que cette rémunération soit prise en compte au titre des règles de cumul emploi-retraite.
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