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Le droit au cumul emploi et retraite qui a été crée par l’ordonnance du 30 mars 1982, a été encore élargie – moins de conditions pour les retraités de régimes salariés – par la dernière réforme des retraites en 2003, encore appelée Loi Fillon. La plus part des nouvelles dispositions ayant pris effet à partir du 1er janvier 2004, quelques années plus tard, ce sont plus de 550 mille cumulards qui bénéficient de ces nouveaux avantages. Les plus de 65 ans représentent à eux seuls près de 55%.
Cet élargissement du champ de droit rattaché au cumul emploi et retraite, est destiné essentiellement à servir des besoins individuels tels que le droit à exercer une activité notamment professionnelle, ainsi que l’amélioration du niveau de vie des retraités qui restera toujours handicapé par des pensions de retraite plafonnés. En outre et par l’encouragement de la reprise d’une activité professionnelle après la retraite, vise aussi à hisser le niveau de l’emploi des seniors aux standards européens en la matière. En effet, ce dernier taux est supposé atteindre un minimum de 50% à l’horizon 2011. Un objectif qui servira directement des problématiques liées principalement au vieillissement de la population et au déficit chronique des caisses de la sécurité sociale.
Parmi les autres objectifs d’ordre économique du cumul emploi retraite, on peut bien citer l’amélioration de la productivité nationale dans un contexte de mondialisation. Cette amélioration de la productivité passera entre autres par de meilleurs mécanismes de transmission du savoir et savoir-faire intergénérationnel. En ce sens, la problématique de la gestion des âges notamment dans les grandes entreprises devrait plutôt se transformer en une problématique liée globalement à la gestion des ressources humaines. On entend par ressource : le capital travail, mais aussi le savoir et le savoir faire entourant les métiers de toute entité économique. Afin de répondre à ce besoin, des contrats de tutorat peuvent être envisagés pour une meilleure intégration des seniors dans le processus de transmission du savoir et savoir-faire de l’entreprise. D’autres mécanismes peuvent aussi servir cet objectif de transmission et ce, à l’image des retraites progressives. Ce dernier mécanisme répond aussi à la problématique du chômage des plus de 55 ans suite à des licenciements économiques, soit une façon de les garder en activité. D’ailleurs, à voir la courbe représentative du taux d’activité des 55 ans et plus - depuis l’avènement du dispositif de la retraite progressive -, elle n’a cessé de croitre culminant ces dernières années au-dessus de la barre des 55%.
Sur le marché de travail, l’embauche de retraités commence à devenir une alternative sérieuse par rapport à d’autres populations de demandeurs d’emploi. A la quête d’une haute expertise, de savoir et savoir-faire inégalables, des bas salaires de retraité plafonné par les droits à la pension, les employeurs peuvent puiser, aujourd’hui, des ressources humaines dans une population qui représentera plus du tiers de la population totale à l’horizon 2025. Concernant les offres de travail pour retraités, elles sont annoncées – selon les perspectives de l’emploi à l’horizon 2015 – dans les domaines des services aux entreprises et des services aux particuliers notamment l’éducation, la santé et l’action sociale.
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